La Terre, entre glaciation et réchauffement

Voici un article intéressant publié sur le site du CNRS : Quand la Terre était une boule de neige. A certains moments de son histoire, la Terre s’est trouvée entièrement recouverte de glace.

La température de l’atmosphère résulte de l’équilibre de plusieurs facteurs : le rayonnement solaire qui réchauffe la Terre, son concurrent, l’albédo, qui est le pouvoir réfléchissant de la surface terrestre et enfin la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre (dioxyde de carbone et méthane). Le rayonnement solaire varie peu même s’il a légèrement augmenté depuis la création de la Terre. En revanche les autres facteurs ont fortement varié. Le méthane a été produit en grande quantité par des micro-organismes, les archées ou archéobactéries, avant que ceux-ci ne soient supplantés par les cyanobactéries productrices d’oxygène via la photosynthèse. La concentration en dioxyde de carbone est conditionnée par l’équilibre entre les sources, essentiellement le volcanisme, et les puits qui consomment le CO2, essentiellement l’érosion des continents qui fixe ce gaz par réaction avec la roche. Le tableau ci-dessous montre les fluctuations très fortes. De quoi relativiser un peu la fluctuation qui serait due aux activités humaines.

Source : lejournal.cnrs.fr

Déconstruction ou démolition

La semaine dernière, sur France Culture, une série d’émissions consacrée au philosophe Jacques Derrida m’a fait réfléchir au sujet de la « déconstruction ».

Certes, les intellectuels s’attachent depuis longtemps à « déconstruire » les vérités traditionnelles, les croyances, les religions. Force est de constater que leur travail a fini par aboutir à une société où les idées dominantes sont issues de cette déconstruction. Face à cela, que faire ? On aurait tort d’accepter les nouvelles valeurs comme des vérités révélées. C’est d’ailleurs impossible à tout esprit un tant soit peu rationnel. La solution s’impose donc : il faut pratiquer la « déconstruction » des nouveaux mythes : la république, l’égalité, le racisme, l’antiracisme, le féminisme, le gender, la haine etc. Ce n’est pas très compliqué. Il suffit de ne pas accepter d’être enfermé dans les catégories que l’on veut nous imposer. Il suffit de questionner et argumenter. Il suffit d’oser !

La déconstruction peut prendre de multiples formes. France Culture reconnaît que Jacques Derrida n’est pas facile à lire alors on n’est pas obligé de singer le philosophe abscons. Je pense que la déconstruction n’est pas une école bien particulière mais une manière de penser. Socrate faisait déjà de la déconstruction. Louis-Ferdinand Céline, à sa manière, a « déconstruit » le mythe de la Première guerre mondiale dans son Voyage au bout de la nuit. Il a utilisé la forme du récit romancé, personnel et subjectif. Il l’a fait avec une force telle que l’on peut parler de « démolition ».

Antigone d’Arthur Honegger

Voici un opéra extrêmement rare qui n’est plus joué de nos jours. Les enregistrements sont peu nombreux et ne sont pas réédités : il est donc difficile de le trouver en CD, même d’occasion. Pourtant c’est une œuvre majeure d’Arthur Honegger. Il s’agit d’un bel exemple de musique atonale. L’opéra est court, 45 minutes. Le rythme est rapide, sans temps mort : on ne s’ennuie pas. La musique souligne bien la colère des personnages – et il y a beaucoup de colère dans cet opéra… Le texte de Jean Cocteau est en français, ce qui nous permet de suivre l’histoire sans avoir besoin du livret. Alors pourquoi cet opéra n’est-il plus représenté ? Peut-être simplement parce qu’il s’agit de la version classique d’Antigone, manichéenne, où Créon est un chef d’état autoritaire et rien d’autre. Jean Anouilh, en réinterprétant le mythe, a définitivement ringardisé cette version. C’est dommage car l’opéra de Honegger mérite d’être écouté.

Wagner à Aix-les-Bains

Le festival des Nuits romantiques était consacré cette année à Richard Wagner. J’ai assisté au concert de clôture qui s’est tenu le samedi 7 octobre au Centre des Congrès d’Aix-les-Bains. Au programme, l’intégrale des ouvertures. Les amateurs d’opéras (dont je suis) diront qu’un opéra est une œuvre lyrique et narrative qui ne peut être appréciée que dans son intégralité. Certes. Mais un programme de musique orchestrale présente plusieurs avantages. D’un point de vue pratique, il est plus facile à monter puisqu’il ne nécessite qu’un orchestre. Les représentations peuvent se faire dans des salles plus accessibles puisqu’il n’y a pas de jeu scénique. Tout cela diminue les coûts et permet à un public plus large d’accéder à la musique. D’un point de vue artistique, il est intéressant d’extraire l’orchestre de la fosse pour le placer sur la scène : il devient ainsi le centre de la représentation.

Le programme a respecté l’ordre chronologique des œuvres, ce qui a permis de mettre en évidence la différence entre ouverture et prélude. Les premiers opéras, Rienzi, le Vaisseau fantôme, Tannhaüser et Lohengrin débutent par des ouvertures qui sont des pièces orchestrales autonomes : elles ont un début et une fin. Elles sont en quelque sorte autosuffisantes. Elles constituent un résumé musical de l’opéra. C’est flagrant pour le Vaisseau fantôme où l’on a l’impression d’écouter l’opéra en accéléré. Pour les opéras suivants, les quatre opéras de la Tétralogie et Tristan, les opéras débutent par des préludes dont le but est d’annoncer le thème musical. Les préludes enchaînent sans transition sur la partie lyrique. Il n’y a pas de fin et cela s’est clairement entendu pendant le concert : à la fin des préludes, l’orchestre s’arrêtait brusquement, comme si le temps s’était interrompu. Enfin, nous avons terminé par Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et Parsifal qui renouent avec l’ouverture, peut-être un peu moins marquée que dans les premiers opéras. A noter que les Maîtres Chanteurs fut le plus grand succès de Richard Wagner de son vivant. Peut-être est-ce dû au fait qu’il s’agit presque d’un opéra comique. C’est le seul opéra de Wagner avec une fin optimiste. Personnellement, je préfère l’esthétique de la tragédie. Le Crépuscule des Dieux est pour moi une référence.

Les Nuits romantiques d’Aix-les-Bains, concert de clôture 2017

Service informatique à la personne

J’ai rencontré le créateur d’une petite entreprise individuelle d’assistance informatique. Il m’a parlé des obstacles qu’il avait rencontrés. Pour ses interventions chez les particuliers, il a voulu proposer ses prestations en « services à la personne ». Ceux-ci ouvrent droit pour le client à une réduction d’impôt de 50 % du montant de la facture. C’est un argument commercial fort auprès des particuliers ! Le problème est que les conditions d’intervention sont réduites : on peut faire de la maintenance logicielle mais il est interdit de faire de la réparation matérielle. Si le technicien constate que le dysfonctionnement provient d’une barrette mémoire défectueuse, il n’a pas le droit de la changer ! Alors j’ai demandé au chef d’entreprise s’il pouvait proposer une prestation hors service à la personne, sans réduction d’impôt, mais cela aussi est impossible. Il lui aurait fallu créer une seconde entreprise, en l’occurrence une SARL puisqu’il était déjà le fondateur d’une Entreprise individuelle, ce qui dépassait le cadre de son modeste projet.

Finalement, il s’en est sorti en passant par un intermédiaire, une société spécialisée dans le service à la personne. Il intervient en tant que sous-traitant de cette société, il rédige la facture au nom de cette société, celle-ci prélève 12 % et lui verse le reste. Une couche supplémentaire ! Heureusement, la société s’occupe des aspects administratifs induits par le service à la personne.

Enfin, remarquons que le service à la personne exclut les équipements suivants : les installations d’équipements hi-fi ou télévisuels, les matériels audio, photo ou vidéo numériques, les consoles de jeux, les GPS. A l’heure de l’interconnexion et des radios internet cela limite l’intérêt de ce dispositif.

Quelques stations de radio en ligne

L’avantage de la diffusion des stations de radio par internet est qu’elle nous ouvre l’accès à des styles musicaux souvent introuvables dans notre pays. Autre avantage : la publicité sur ces chaînes est généralement réduite voir même complètement absente. Voici une petite liste des radios que j’ai découvertes sur internet et appréciées :

Christian Industrial .net
Etats-Unis
Pour ceux qui apprécient la musique industrielle ou gothique mais qui ne veulent pas encourager la diffusion de paroles satanistes, il existe une pléthore de groupes américains d’inspiration chrétienne et évangélique. Il faut avouer que cela change des groupes de pop-louange que l’on trouve en France.

La Radio Eponyme
France
Musique alternative. La radio diffuse des groupes français et internationaux.

Addict Radio Alternative
France
Musique alternative. Addict Radio propose aussi des listes de diffusion d’autres styles de musique : lounge, rock, star etc.

The Bluegrass Jamboree
Etats-Unis
Le Bluegrass est une branche de la musique country américaine qui privilégie les instruments à corde (banjo, violon, guitare) sur un rythme rapide. Les chanteurs ont l’accent typique du sud des Etats-Unis. J’aime bien ce style musical traditionnel et épuré.

Alles Blasmusik
Allemagne
Forcément, il faut être allemand pour proposer une radio dédiée à la musique de fanfare (Blasmusik). A écouter lors d’une soirée Oktoberfest.

Alpen Melodie
Allemagne
C’est de la Volksmusik : de la musique de bal populaire. C’est un genre courant en Bavière et en Autriche. A la différence de la Blasmusik, les instruments modernes (synthés) sont souvent présents. Cela donne un son sirupeux à consommer avec modération.

Radio Bob Deutsch Rock
Allemagne
Du rock allemand, avec des paroles en allemand, pour parfaire son allemand.

Radio internet Roberts Stream 93i

Ayant dû renouveler un ancien poste de radio FM, j’ai décidé de faire un bond technologique en choisissant la radio Roberts Stream 93i. Roberts est une marque anglaise, fournisseur officiel de la famille royale, et dont les produits bénéficient d’un design soigné dans l’esprit « vintage ». Cette radio est disponible dans toutes les boutiques en ligne : on la trouve souvent en promotion, il suffit d’être un peu patient. Elle peut recevoir les émissions par le biais de plusieurs canaux : FM, DAB et internet.

Tout le monde connaît la modulation de fréquence FM, inutile de la présenter. Le format DAB est son successeur : il s’agit d’un format hertzien numérique. C’est l’équivalent de la TNT pour la télévision. Ce format est bien développé en Angleterre, malheureusement ce n’est pas le cas en France où seules les villes de Paris, Lyon et Marseille bénéficient d’une couverture. Ici, à Annecy, il est cependant possible de capter une dizaine de stations suisses, avec une qualité d’écoute du niveau CD.

L’intérêt véritable de la radio Roberts Stream 93i réside dans la possibilité de recevoir les stations de radio internet et les podcasts. Un choix mondial s’offre alors à nous : les stations sont classées par pays ou par genre. On peut ainsi parfaire sa pratique d’une langue étrangère ou diffuser la musique que l’on aime sans être dérangé par des publicités incessantes. Les programmes sont diffusés au format MP3 et bénéficient d’une très bonne qualité d’écoute.

Pour se connecter à internet, il suffit de relier la Robert Stream 93i à son modem ou sa box via une connexion ethernet ou wifi. Pour la programmation des chaînes, plusieurs voies sont possibles. On peut le faire directement sur le poste, en utilisant les quelques boutons et le petit écran, mais ce n’est pas très pratique. Si l’on dispose d’un smartphone ou d’une tablette, il est préférable d’installer l’application Undok. Celle-ci trouve automatiquement la radio sur le réseau wifi. On dispose alors d’une interface agréable pour rechercher les stations et les affecter aux emplacements disponibles. Le smartphone peut aussi servir de télécommande ce qui est très pratique.

Il existe un autre moyen de sélectionner ses stations internet favorites : créer un compte sur le site Wifi Radio Frontier. La procédure est bien expliquée sur le Blog d’Eric. C’est par ce biais que l’on peut aussi rechercher facilement des podcasts (car depuis l’application Undok ce n’est pas très efficace). On peut aussi configurer les accès à des stations de radio payantes. Toutes ces stations apparaissent ensuite dans le menu « Préférés » de son poste.

La Roberts Stream 93i permet enfin de diffuser des fichiers MP3 depuis une clé USB branchée directement à l’arrière du poste ou disponibles sur un serveur NAS relié au réseau. En conclusion, les vecteurs de diffusion sont multiples et devraient satisfaire les geeks et les auditeurs un peu curieux.

8 Mile

Grâce à Netflix, je viens de visionner le film 8 Mile (sorti en 2002) avec le chanteur Eminem dans le rôle principal. Il s’agit d’un film sur le milieu du rap, style musical que je ne goûte pas spécialement. Cependant, pour compléter ma culture générale, je me devais de visionner ce film qui est une référence dans ce domaine.

Malgré son thème, on ne peut pas dire que la musique soit prépondérante dans la majeure partie du film. Les scènes montrent la vie quotidienne et plutôt sordide des laissés-pour-compte de la ville de Détroit. Le héros affiche une mine de chien battu dans un univers glauque. Il vit avec sa mère et sa petite sœur dans un mobil-home sous la menace d’une expulsion car ils n’arrivent pas à payer le loyer. La vie familiale est dissolue, la mère ayant un amant de l’âge de son fils. La petite sœur assiste aux états d’ébriété, aux disputes et aux passages à tabac. Le personnage incarné par Eminem travaille à l’usine. Il traîne le soir avec ses potes, des Pieds Nickelés noirs et blancs pas très malins, qui apportent une touche humoristique par leur facéties involontaires. Le rap lui permet de s’évader de son quotidien. Dans le bus ou dans la rue, il compose ses textes sur des bouts de papier surchargés.

Le film progresse lentement vers son apogée : le concours de battles. Il s’agit de duels de rappeurs où l’on s’efforce de casser son adversaire en scandant des rimes moqueuses sur un fond musical. Le vainqueur est désigné par acclamation. Cela m’a fait penser à un autre film sur une autre période historique (le XVIIIème siècle) dans un autre pays (la France) et une autre catégorie sociale (la noblesse) : Ridicule de Patrice Leconte. Là-aussi, on assiste à des joutes verbales. Les concours de bouts-rimés se font en alexandrins et octosyllabes. Il faut vaincre l’adversaire en faisant preuve d’esprit et de répartie. Les battles de rap répondent aux mêmes principes. Malheureusement, on y cède souvent à la trivialité et à la grossièreté.

La fin du film donne l’occasion à Eminem de montrer sa parfaite diction : il faut reconnaître qu’il maîtrise son style musical. On est emporté par le rythme même si l’on ne comprend pas grand-chose : il faut être un natif pour comprendre l’anglais américain argotique scandé à toute vitesse. La lecture des sous-titres nous aide mais il reste la barrière des références culturelles qui ne sont pas les nôtres : que signifie « Leave it beaver » ou « One pac, Tupac, three pac, four » ? Les gens qui ont vu 8 Mile dans les salles n’ont pas dû comprendre. Heureusement, quand on visionne sur internet, on a la possibilité de faire des recherches. J’ai ainsi trouvé une étude de texte de la dernière battle : 8 Mile: B-Rabbit vs Papa Doc. En conclusion, si vous décidez de voir ce film, regardez-le jusqu’au bout car l’essentiel se trouve dans les vingt dernières minutes.

Eminem et son air de chien battu
Les Pieds Nickelés