Variation de la mortalité selon les pays

J’ai calculé le taux de létalité de la maladie :

Italie 8%
Allemagne 0,3%
France : 3%
Angleterre : 5%
Corée : 1%
Chine : 4%

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer les chiffres.

Si un pays fait un dépistage systématique, alors cela va augmenter le nombre de cas par rapport au nombre de décès. Et donc le taux de létalité va diminuer. Voilà pourquoi la Corée a un taux de 1% qui est, je pense, une donnée assez fiable et représentative de la réalité de la maladie.

Inversement, s’il ne détecte pas tous les cas, le taux aura tendance à augmenter : Je pense que c’est le cas de la France, de l’Angleterre.

Si les services de santé d’un pays sont saturés, cas le plus dramatique, alors la mortalité va augmenter : c’est une réalité et pas un travers statistique. C’est le cas de l’Italie, de la Chine. Et ce sera bientôt le cas de beaucoup de pays, dont la France.

Enfin, le taux étonnamment bas de l’Allemagne est complètement artificiel. Ce pays a sa façon propre de décompter les décès. Quand un patient est porteur du coronavirus et d’une autre pathologie, son décès est attribué à la deuxième pathologie.

L’épidémie va toucher 70% de la population

Pourquoi 70% de contamination est à prévoir dans la population

Plusieurs pays, dont la France, comptent sur l’immunité de groupe pour stopper la propagation de la maladie. Celle-ci est atteinte quand il y a suffisamment de personnes immunisées dans la population pour que l’épidémie s’éteigne d’elle-même, faute de personnes à contaminer. Nous allons évaluer le seuil à partir duquel l’immunité de groupe s’installe. Il s’agit en fait d’un problème de percolation, cette discipline scientifique qui étudie entre autres la propagation des fluides dans les milieux poreux.

Les personnes sont immunisées soit par un vaccin, malheureusement inexistant pour l’instant, soit parce qu’elles ont attrapé la maladie, soit encore parce qu’elles sont naturellement immunisées. Ce dernier point est une grande inconnue : on ne sait pas combien de personnes sont dans ce cas. Partons du principe que seules les personnes ayant eu la maladie sont immunisées.

Un malade transmet actuellement la maladie à 3,8 personnes en moyenne. Si 50% de la population a déjà eu la maladie, alors un malade rencontrera une fois sur deux une personne immunisée. Il ne pourra donc transmettre la maladie qu’à 1,9 personnes en moyenne. Le taux de propagation diminue. Pour que l’épidémie s’arrête d’elle-même, il faut se rapprocher de 1 : la croissance n’est alors plus exponentielle. Cela nous amène à un taux théorique de 74%. Soyons optimiste et conservons 70%, ce qui correspond à l’estimation haute du ministre Jean-Michel Blanquer.

Tant qu’aucun vaccin n’aura été découvert, il sera impossible que la maladie n’atteigne pas cette limite de contamination. La Chine, la Corée ont certes réussi à rester en dessous, mais elles sont désormais contraintes de prolonger indéfiniment les mesures draconiennes de confinement qu’elles ont mises en place. Pire, elles risquent d’être contaminées à nouveau par l’étranger puisque la pandémie est devenue mondiale. Elles devront donc se couper du monde. Si seulement la Chine avait pris dès le début une telle mesure, en interdisant tous les échanges entre elle et le reste du monde, l’épidémie serait en voie d’être jugulée. Maintenant, c’est trop tard. Et les pays européens, en laissant leurs frontières ouvertes, ont eux-aussi une lourde responsabilité.

Pourquoi les services de santé seront largement dépassés

La population française compte 66 millions de personnes. 70% de contamination, ça fait 46,2 millions de personnes ! Heureusement, tous ne vont pas développer une forme grave. D’après les chiffres, environ 15% nécessitent des soins plus ou moins intensifs, soit presque 7 millions de personnes !

En France, il y a 5000 lits en réanimation et 7364 lits en soins intensifs, soit un total de 12364 lits. Si l’on veut que tout le monde soit hospitalisé, il faut faire tenir ces 7 millions de personnes dans 12000 lits. Si l’on part du principe qu’une personne reste une semaine en soins intensifs, hypothèse optimiste, il faudrait plus d’une dizaine d’années pour y arriver. Il faudrait donc maintenir les mesures actuelles de confinement pendant 10 ans, si tant est qu’elles soient efficaces. 10 ans en télétravail, 10 ans de commerces fermés, 10 ans d’école par correspondance. C’est évidemment impossible.

En réalité, l’épidémie va se dérouler en quelques mois et les services de santé seront complètement dépassés. Les gens resteront à leur domicile et ne seront pas soignés. Pour la plupart, ça se passera bien : soit ils n’auront aucun symptôme, ou bien ce sera un rhume, ou bien une grosse grippe. Mais dans 15% des cas, la maladie va s’aggraver. Ces patients ne recevant pas de soins, il faut s’attendre à un taux de létalité supérieur aux 2% actuellement retenu : ce sera plutôt entre 5% et 10%. 66 millions d’habitants fois 70% fois 5%, ça fait 2,3 millions de morts. On est largement au-dessus de la grippe saisonnière.

Ces chiffres donnent des ordres de grandeur de la gravité de l’épidémie. Ils sont fondés sur des chiffres qui ne sont pas eux-mêmes précisément définis. Seule inconnue et seul espoir : que le nombre de personnes qui n’ont aucun symptôme ou qui sont naturellement insensibles au virus soit élevé. Mathématiquement, ça ferait diminuer le taux de létalité et accélérerait l’apparition de l’immunité de groupe.

Epidémie : ce qu’il faudrait faire

S’agissant d’un nouveau virus, votre état de santé va dépendre de la manière dont votre système immunitaire réagit :

  • Soit il réagit bien et la maladie est bénigne. C’est ce qui arrive dans la majorité des cas.
  • Soit il ne sait pas comment réagir et la maladie se développe en s’en prenant aux poumons. Il faut alors vous placer sous assistance respiratoire. Elle peut aussi s’en prendre aux reins mais c’est moins fréquent.

Le problème est que les places sont limitées dans les hôpitaux. L’épidémie se développant rapidement, un point de saturation va être atteint. Les gens ne seront plus soignés. La létalité va augmenter. La priorité du gouvernement doit donc s’articuler autour de deux axes :

    • Limiter la propagation de la maladie par des mesures de confinement pour retarder la saturation du système de santé,
    • Développer les moyens d’assistance respiratoire à domicile pour sauver un maximum de vies.

Ce dernier point est certes difficile à mettre en œuvre quand on n’a rien anticipé. Il suffit de voir la difficulté à se procurer des éléments basiques comme les masques et le gel hydroalcoolique.