MAPS.ME

Pour mes vacances en Allemagne, je recherchais une application de guidage GPS pour tablette qui puisse fonctionner sans connexion réseau. J’ai trouvé et testé MAPS.ME disponible dans les environnements Apple et Android.

Les points forts

  • Les cartes sont téléchargeables par départements (ou par régions dans les autres pays). Elles sont enregistrées de manière permanente sur le smartphone ou la tablette. Il ne s’agit pas d’un cache qui risque d’être écrasé.
  • Les cartes sont détaillées : il s’agit du projet OpenStreetMap. Les bâtiments y sont représentés. On y voit aussi les chemins forestiers et ruraux, les zones boisées etc. On peut se servir de MAPS.ME pour s’orienter dans la nature, pour faire du camping sauvage etc.
  • On trouve aussi des indications sur les restaurants, les monuments etc.
  • L’interface est simple, voire minimaliste.
  • L’application est entièrement gratuite.
  • Avec une connexion réseau, il est possible d’avoir des infos trafic.

Les points faibles

  • L’application ne calcule qu’un seul itinéraire, sans alternative.
  • Le guidage n’indique pas les directions (exemple : « Prendre la direction Genève ») ni les voies, ce qui pose problème dans les bifurcations d’autoroutes, quand il y a de nombreuses voies. On ne sait pas sur laquelle se placer.
  • Dans la version que j’ai utilisé, il y avait une erreur dans le guidage vocal en langue française : « Continuez tout droit » signifiait en fait « Tournez à droite ». Il s’agit d’un problème de traduction car dans les autres langues c’était correct. Comme j’étais en Allemagne, j’ai choisi la langue de Goethe, ce qui était parfait pour l’immersion.

Conclusion

Une application, entièrement gratuite, que je recommande.

MAPS.ME carte détaillée
MAPS.ME vue d’une ville

La fin des véhicules à essence et diesel ?

Nicolas Hulot et le gouvernement ont fait un coup de comm’ à destination des citoyens soucieux d’écologie : la fin des véhicules à essence et diesel d’ici 2040. Il s’agit d’une annonce complètement gratuite car l’on sait très bien que ce n’est pas le gouvernement qui peut décider de ce genre de chose.

La technologie s’impose à nous : elle ne connaît pas de frontière. Les inventions se répandent selon leur utilité sans que les Etats aient vraiment le pouvoir de les stopper. Imagine-t-on qu’un pays ait pu refuser le train ou l’automobile ? Ou bien internet et les smartphones ? Il y a déjà eu des tentatives politiques, en France, d’orienter la technologie : souvenez-vous de la télématique dans les années 1980. Nos gouvernants se gargarisaient d’être en avance sur le reste du monde. Et puis, dans les années 1990, internet s’est imposé. Et les minitels sont entrés au musée.

Les politiques nous répètent que la France ne peut pas vivre isolée du reste du monde, avec sa propre monnaie et un contrôle de ses frontières. Ces propositions sont pourtant réalistes et relèvent bien des prérogatives des Etats. Comment croire ces mêmes politiques quand ils prétendent imposer une révolution technologique limitée à notre territoire ?

Je ne sais pas ce que sera l’avenir de l’automobile en 2040 : essence, diesel, électrique ou autre moyen de locomotion. En revanche, je sais que la France en 2040 sera au même niveau que les autres pays et qu’elle utilisera les mêmes technologies qui se seront imposées au niveau mondial.

L’orange mécanique

Après avoir lu quelques nouvelles de Paul Morand sans vraiment accrocher, j’ai débuté le livre d’Anthony Burgess L’orange mécanique d’où est tiré le film du même nom. Il est en vente en librairie ces temps-ci sous la forme d’une « édition anniversaire » pour les 100 ans de la naissance de l’auteur.

Pour apprécier ce roman, il faut le lire lentement, sans se presser, car toute la richesse réside dans le style et le langage argotique inventé dans une large mesure à partir de la langue russe. C’est un peu désarçonnant au début mais l’on s’y fait vite en s’aidant du lexique proposé à la fin du livre. Certes, il s’agit d’une traduction et donc d’une réinterprétation de la création originale. Cependant je déconseillerais de le lire en anglais sauf si l’on maîtrise parfaitement cette langue car l’on risque d’avoir du mal à faire la distinction entre les mots réels et ceux inventés. Ce serait dommage que la lecture devienne une épreuve de déchiffrement.

La présente édition inclut une postface de l’auteur rédigée lors de la sortie du film de Stanley Kubrick une dizaine d’années après la parution du roman. Pour Anthony Burgess, le propre de l’homme est le libre choix entre le bien et le mal. La société, dans le but de vaincre le mal, pourrait être tentée par le conditionnement psychologique des individus. Ce serait la voie de la déshumanisation et du meurtre de l’âme. Cette explication intervient plusieurs fois dans le roman, dans les slovos, je veux dire paroles, de l’aumônier de la prison. Personnellement, je vois aussi une critique teintée d’ironie sur les théories qui veulent expliquer la violence dans la société. L’exemple suivant se moque d’un certain angélisme qui voudrait que la musique et la poésie adoucissent les mœurs, thème qui revient toujours régulièrement dans la politique de la ville :

« Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de me bidonsker en pensant à ce que j’avais reluché un jour, dans un de leur espèce d’articles sur la Jeunesse d’Aujourd’hui, où ça disait que la Jeunesse d’Aujourd’hui elle se trouverait beaucoup mieux si on pouvait encourager comme qui dirait La Connaissance Vivante des Arts. La Grande Musique, ça disait, et la Grande Poésie calmeraient plus ou moins la Jeunesse d’Aujourd’hui et la rendraient plus civilisée.« 

Il faut dire que l’écoute de la musique, loin de le pacifier, donne au jeune voyou Alex des visions surréalistes de violence où il s’imagine en « vieux Donner teutonnant » tenant en son pouvoir « des vecks et des ptitsas critchant à tout va » (des mecs et des filles criant à tout va). La référence à Donner, le dieu germanique du tonnerre, est certainement un clin d’œil aux opéras de Wagner.

Le collectif La Novia

A la recherche de musiques d’inspiration traditionnelle, j’ai découvert le collectif La Novia en écoutant une émission de France Musique.

Ce collectif regroupe des musiciens professionnels résidant un peu partout sur le territoire français, ou plutôt, devrais-je dire, sur les terroirs de France. Il se définit lui-même comme un lieu de réflexion et d’expérimentation sur les musiques traditionnelles et expérimentales. A l’heure de la surmédiatisation des « The Voice » et autres « Star Academy » (je sais, ça date un peu), il est réjouissant de constater que la musique traditionnelle continue d’attirer des jeunes artistes.

Ceux-ci ont formé plusieurs groupes aux limites perméables, chaque artiste pouvant participer à plusieurs formations, la palme d’or de l’ubiquité étant attribuée à Yann Gourdon qui semble omniprésent.

Yann Gourdon jouant de la vielle à roue (Photo Fabrice Allard, licence CC by-nc-sa, http://www.etherreal.com/spip.php?article3679)
Yann Gourdon jouant de la vielle à roue (Photo Fabrice Allard, licence CC by-nc-sa, http://www.etherreal.com/spip.php?article3679)

L’instrument de prédilection de Yann Gourdon est la vielle à roue, instrument d’origine médiévale malgré son apparente complexité mécanique. C’est un instrument à cordes frottées par une roue en bois entrainée à la main par une manivelle. Selon la vitesse de rotation, différentes cordes entrent en résonance créant un son particulièrement riche. On a souvent l’impression d’entendre de la cornemuse, du fait de la présence d’un bourdon. L’instrument comporte aussi un petit clavier appuyant sur les cordes et permettant de jouer des notes.

La vielle crée un son lancinant, entêtant. Quand il coiffe sa casquette de musicien expérimental, Yann Bourdon pousse ces caractéristiques à la limite de la transe, comme on peut l’entendre dans cette vidéo de concert :
https://vimeo.com/184493255

Plus abordable me semble être la musique du groupe Jéricho qui reprend des airs traditionnels de nos régions, particulièrement du Sud-Ouest. Exemple (attendez la fin du prélude et le début de la chanson) :
http://www.la-novia.fr/mp3/Jericho-La_mantilleLP.mp3

Vous pouvez commander le CD sur le site internet du collectif :
http://www.la-novia.fr/disques.html
ou plus simplement acheter et télécharger les mp3 sur le site Bandcamp :
https://la-novia.bandcamp.com/album/j-richo-2

Pour une somme modique, on peut aider des groupes qui font vivre notre patrimoine culturel et sortent des autoroutes de la grande distribution. (En parlant d’autoroute, il faut écouter le disque Jéricho lors d’un long trajet en voiture, la musique obsédante faisant oublier la durée.)

Moi, Daniel Blake, film de Ken Loach

J’ai profité de sa diffusion à l’auditorium de Seynod pour aller voir le film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake. C’était dans le cadre du festival du Film des Résistances : il faut croire que les organisateurs y ont vu une dimension politique.

Il y a certes une volonté manifeste du réalisateur : la dénonciation de l’absurdité de la bureaucratie. C’est d’ailleurs tellement démonstratif que cela en est parfois lourd. Questionnaires, formulaires à remplir, inscription sur internet, courriers et attente d’un coup de fil hypothétique : le réalisateur insiste sur les travers de l’administration avec force répétitions pour que le plus ignare des spectateurs comprenne bien. Le but est atteint puisque le film a reçu la Palme d’Or à Cannes d’un public qui ne connaît rien à Pôle emploi. Remarquons que les systèmes anglais et français sont pratiquement les mêmes : les ateliers CV où l’on explique qu’un recruteur consacre seulement dix secondes sur une candidature, l’obligation de chercher un emploi, les rendez-vous qu’il ne faut pas manquer sous peine d’être radié. Une seule différence : en France, ce n’est pas le conseiller Pôle emploi qui fait les contrôles mais un service centralisé, ce qui aide à pacifier les relations dans les agences locales. D’ailleurs, il faut reconnaître que les conseillers du Pôle emploi français sont bien plus accueillants et prévenants que ceux décrits dans le film.

Il convient cependant de dépasser ce premier degré pour voir ce que montre le film au-delà de la volonté consciente du réalisateur. D’abord, et Ken Loach aurait dû le noter, il faut constater que le Pôle Emploi français et son équivalent britannique ne sont pas responsables de la situation économique qu’ils subissent. Leur rôle est malheureusement un peu vain puisqu’il consiste à mettre en concurrence les demandeurs d’emploi devant les quelques offres disponibles. C’est celui qui sera le plus actif, le plus attractif et qui aura le meilleur CV qui trouvera un emploi. Dans tous les cas, il y aura un heureux élu et quatre-vingt-dix-neuf laissés pour compte qui continueront de pointer au chômage. A la limite, Pôle emploi laisserait les gens se débrouiller et rédiger leur CV comme bon leur semble, cela ne changerait rien à la donne : il y aurait toujours un seul élu. Le marché du travail en serait cependant un peu moins uniforme et les candidatures plus personnelles et variées.

L’atmosphère du film est désespérante de grisaille. Tout est terne et froid. Les personnages vivent dans des quartiers sans passé, sans relief, sans paysage. Tout aspect culturel est étrangement absent : il n’y a ni musique, ni littérature, ni cinéma, ni même télévision. La scène finale conclut sur une cérémonie neutre, sans aucune référence religieuse. Les personnages ne vont même pas trouver le réconfort dans la chaleur d’un irish pub. Ce film montre la tristesse d’un monde sans identité. Il semble poser la question : les sociétés multi-ethniques sont-elles multi-culturelles ou au contraire a-culturelles ? Mais l’audace de Ken Loach ne va pas jusque-là : on ne peut pas tout dire quand on ambitionne Cannes.

Les individus errent solitaires et n’ont pas vraiment de but à part trouver un moyen de survivre : qui un emploi, qui une pension, qui une combine pour revendre des chaussures. Ils n’ont pas de projet, ils ne construisent rien : la jeune femme a fait un enfant avec un premier homme, puis un autre avec un second et continue ensuite sa vie de mère célibataire. Même la révolte du personnage principal semble misérable car elle est centrée sur lui-même : « Moi, Daniel Blake, je réclame une pension, pour moi. » Ce film ne parle pas de solidarité car il n’y a pas de destin collectif. Les individus ne sont portés par aucun idéal. Ils ne se battent pas pour une cause qui transcenderait leur triste existence comme c’était le cas dans Le vent se lève, autre film de Ken Loach. Il n’y a pas de souffle épique. A la fin, on est soulagé pour Daniel Blake enfin libéré de ce monde glauque.

Moi Daniel Blake

Hauteluce

Hauteluce est un petit village de Savoie accroché à flanc de montagne au-dessus de Beaufort. C’est un village typique qui a su conserver la marque du passé et où le temps semble s’être arrêté. On pourra y visiter l’église baroque du 16ème siècle Saint-Jacques-d’Assyrie.

Le choeur de l'église Saint-Jacques à Hauteluce
Le choeur de l’église Saint-Jacques à Hauteluce

 

L'église Saint-Jacques-d'Assyrie
L’église Saint-Jacques-d’Assyrie

Visite à la ferme

Dans les cadres de la journée « Les élus à la ferme », les élus des treize communes de l’agglomération étaient conviés ce samedi 1er octobre à visiter l’exploitation agricole de Jean-Robert Martel située à Vieugy. Ce jeune agriculteur a repris l’exploitation familiale mais en a changé la nature qui est passée de l’élevage et la production laitière à la culture maraîchère, essentiellement pour des questions foncières : la culture maraîchère nécessite moins d’espace et s’accommode donc mieux de l’extension urbaine. Il pratique une agriculture raisonnée en limitant les pesticides. Par exemple, un paillage du sol avec des bâches élaborées à partir d’amidon de maïs évite les mauvaises herbes et la lutte contre les pucerons se fait biologiquement avec l’apport d’insectes prédateurs.

La culture maraîchère en Haute-Savoie ne peut pas concurrencer la production des autres régions au niveau des prix. Elle est en effet soumise à des contraintes géographiques (sols non sableux plus lourds à travailler, présence de reliefs) et climatiques (moins de jours de chaleur) qui limitent la productivité. Les produits sont donc plus chers et ne sont pas concurrentiels pour les centrales d’achat des grandes surfaces. C’est pourquoi les paysans savoyards sont obligés de développer le cycle court, ce qui s’avère finalement une bonne chose tant il est urgent de sortir de la logique des marchés de grande échelle. Pour la ferme que nous avons visitée, la répartition des ventes est la suivante : 45 % via le magasin de producteurs C’Nos Terroirs, 25 % en vente directe à la ferme, 20 % sur le marché de Poisy, 10 % à la restauration scolaire de Seynod et environ 1 % au fameux restaurant les Trésums.

Cette visite a également permis d’aborder des thèmes généraux qui touchent l’ensemble du monde agricole, comme la difficulté des jeunes à s’installer quand il faut emprunter des sommes importantes pour s’équiper ou rejoindre une coopérative. Enfin, la matinée s’est terminée par un buffet qui nous a permis d’apprécier la qualité des produits de notre terroir.

Jean-Robert Martel (à droite) et son tracteur "vintage"
Jean-Robert Martel (à droite) et son tracteur « vintage »
Les serres sont une nécessité pour certaines cultures
Les serres sont une nécessité pour certaines cultures