Déconstruction ou démolition

La semaine dernière, sur France Culture, une série d’émissions consacrée au philosophe Jacques Derrida m’a fait réfléchir au sujet de la « déconstruction ».

Certes, les intellectuels s’attachent depuis longtemps à « déconstruire » les vérités traditionnelles, les croyances, les religions. Force est de constater que leur travail a fini par aboutir à une société où les idées dominantes sont issues de cette déconstruction. Face à cela, que faire ? On aurait tort d’accepter les nouvelles valeurs comme des vérités révélées. C’est d’ailleurs impossible à tout esprit un tant soit peu rationnel. La solution s’impose donc : il faut pratiquer la « déconstruction » des nouveaux mythes : la république, l’égalité, le racisme, l’antiracisme, le féminisme, le gender, la haine etc. Ce n’est pas très compliqué. Il suffit de ne pas accepter d’être enfermé dans les catégories que l’on veut nous imposer. Il suffit de questionner et argumenter. Il suffit d’oser !

La déconstruction peut prendre de multiples formes. France Culture reconnaît que Jacques Derrida n’est pas facile à lire alors on n’est pas obligé de singer le philosophe abscons. Je pense que la déconstruction n’est pas une école bien particulière mais une manière de penser. Socrate faisait déjà de la déconstruction. Louis-Ferdinand Céline, à sa manière, a « déconstruit » le mythe de la Première guerre mondiale dans son Voyage au bout de la nuit. Il a utilisé la forme du récit romancé, personnel et subjectif. Il l’a fait avec une force telle que l’on peut parler de « démolition ».