Wagner à Aix-les-Bains

Le festival des Nuits romantiques était consacré cette année à Richard Wagner. J’ai assisté au concert de clôture qui s’est tenu le samedi 7 octobre au Centre des Congrès d’Aix-les-Bains. Au programme, l’intégrale des ouvertures. Les amateurs d’opéras (dont je suis) diront qu’un opéra est une œuvre lyrique et narrative qui ne peut être appréciée que dans son intégralité. Certes. Mais un programme de musique orchestrale présente plusieurs avantages. D’un point de vue pratique, il est plus facile à monter puisqu’il ne nécessite qu’un orchestre. Les représentations peuvent se faire dans des salles plus accessibles puisqu’il n’y a pas de jeu scénique. Tout cela diminue les coûts et permet à un public plus large d’accéder à la musique. D’un point de vue artistique, il est intéressant d’extraire l’orchestre de la fosse pour le placer sur la scène : il devient ainsi le centre de la représentation.

Le programme a respecté l’ordre chronologique des œuvres, ce qui a permis de mettre en évidence la différence entre ouverture et prélude. Les premiers opéras, Rienzi, le Vaisseau fantôme, Tannhaüser et Lohengrin débutent par des ouvertures qui sont des pièces orchestrales autonomes : elles ont un début et une fin. Elles sont en quelque sorte autosuffisantes. Elles constituent un résumé musical de l’opéra. C’est flagrant pour le Vaisseau fantôme où l’on a l’impression d’écouter l’opéra en accéléré. Pour les opéras suivants, les quatre opéras de la Tétralogie et Tristan, les opéras débutent par des préludes dont le but est d’annoncer le thème musical. Les préludes enchaînent sans transition sur la partie lyrique. Il n’y a pas de fin et cela s’est clairement entendu pendant le concert : à la fin des préludes, l’orchestre s’arrêtait brusquement, comme si le temps s’était interrompu. Enfin, nous avons terminé par Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg et Parsifal qui renouent avec l’ouverture, peut-être un peu moins marquée que dans les premiers opéras. A noter que les Maîtres Chanteurs fut le plus grand succès de Richard Wagner de son vivant. Peut-être est-ce dû au fait qu’il s’agit presque d’un opéra comique. C’est le seul opéra de Wagner avec une fin optimiste. Personnellement, je préfère l’esthétique de la tragédie. Le Crépuscule des Dieux est pour moi une référence.

Les Nuits romantiques d’Aix-les-Bains, concert de clôture 2017