Bernanos, Journal d’un curé de campagne

J’ai terminé la lecture d’un livre « culte » – c’est le cas de le dire – de Georges Bernanos : Journal d’un curé de campagne. Pour apprécier cet ouvrage, il faut un minimum de culture religieuse et de disponibilité intellectuelle. Ce n’est pas un roman d’aventure mais le récit introspectif d’un prêtre. Paru en 1936, il est reconnu comme une œuvre majeure du 20ème siècle. Dans la suite, je vais révéler quelques éléments clés de l’intrigue alors n’allez pas plus loin si vous avez envie de le découvrir.

J’ai eu un peu de mal à me plonger dedans. J’ai dû persévérer sur le premier tiers du livre avant d’accrocher, comme on dit. La forme y est peut-être pour quelque chose : il s’agit d’un journal, sans chapitres ni véritables césures dans le fil des réflexions. Le jeune prêtre se pose beaucoup de questions, il n’est pas sûr de lui et semble craindre le jugement des gens. C’est parfois un peu excessif et l’on aimerait que sa foi lui donne plus d’assurance. L’intérêt de l’ouvrage réside dans les réflexions échangées entre le jeune prêtre et ses supérieurs qui ont une longue expérience de la vie. Vers la moitié du livre, les choses se précisent : on commence à comprendre les relations entre certains personnages. Il faut dire qu’il y a un secret de famille que le prêtre finit par apprendre : en tant que confesseur, il est bien placé pour cela.

La fin me laisse cependant perplexe. J’ai cherché sur internet si d’autres personnes partagent mon avis mais je n’ai rien trouvé. Pourquoi toutes ces maladies ? Il y a d’abord la comtesse, qui meurt d’une crise cardiaque. Puis le curé apprend qu’il est atteint d’un cancer en allant consulter un médecin lui-même atteint d’une maladie incurable. Enfin, avant de mourir, il apprend que l’ami qui l’héberge est gravement malade des poumons. Tout cela est quand même un peu redondant. Peut-être l’auteur a-t-il voulu montrer l’universalité de la condition humaine.

Annecy et la Transition numérique

Ce jeudi 1er mars s’est tenu au Cap Périaz de Seynod un séminaire sur la Transition numérique auquel ont participé les élus et directeurs de la ville d’Annecy et de l’agglomération du Grand Annecy. Son objectif était de mieux s’approprier les enjeux du numérique. Il constitue une première étape pour alimenter le plan d’actions de la future stratégie « Transition numérique » des deux collectivités pour la période 2018 à 2022.

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Le bluegrass

J’ai déjà abordé le thème de la musique Bluegrass que j’ai découverte grâce à des chaînes de radio internet. Il s’agit d’un genre de musique country originaire du sud des Etats-Unis qui privilégie les instruments à corde (violon, banjo) et un rythme enjoué. Voici quelques exemples de vidéos trouvées sur le net.

D’abord un extrait du film O’Brother (2000) des frères Coen qui a relancé l’intérêt pour ce style de musique. George Clooney et ses acolytes redneck reprennent le titre ultra classique Man of Constant Sorrow.

Toujours dans le domaine du cinéma, le western les Portes du Paradis (1981) de Michael Cimino avec Isabelle Huppert dans un bal sur patins à roulettes.

L’ enregistrement suivant remonte aux années 1960 et est un peu pompeusement intitulé « La meilleure vidéo de danse de claquettes bluegrass jamais enregistrée ». Il faut le visionner en entier. Les jeunes gens dansent sur un rythme soutenu. La concentration et la fatigue finissent par se voir sur leurs visages. Il y a aussi le musicien au chapeau, édenté, qu’on croirait sorti d’un film de Sergio Leone.

Enfin, voici Steve N’ Seagulls, un groupe finlandais de musique country qui reprend des classiques du Metal dans un style Bluegrass. L’extrait suivant est une reprise du fameux titre Antisocial de Trust.

La Terre, entre glaciation et réchauffement

Voici un article intéressant publié sur le site du CNRS : Quand la Terre était une boule de neige. A certains moments de son histoire, la Terre s’est trouvée entièrement recouverte de glace.

La température de l’atmosphère résulte de l’équilibre de plusieurs facteurs : le rayonnement solaire qui réchauffe la Terre, son concurrent, l’albédo, qui est le pouvoir réfléchissant de la surface terrestre et enfin la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre (dioxyde de carbone et méthane). Le rayonnement solaire varie peu même s’il a légèrement augmenté depuis la création de la Terre. En revanche les autres facteurs ont fortement varié. Le méthane a été produit en grande quantité par des micro-organismes, les archées ou archéobactéries, avant que ceux-ci ne soient supplantés par les cyanobactéries productrices d’oxygène via la photosynthèse. La concentration en dioxyde de carbone est conditionnée par l’équilibre entre les sources, essentiellement le volcanisme, et les puits qui consomment le CO2, essentiellement l’érosion des continents qui fixe ce gaz par réaction avec la roche. Le tableau ci-dessous montre les fluctuations très fortes. De quoi relativiser un peu la fluctuation qui serait due aux activités humaines.

Source : lejournal.cnrs.fr

Déconstruction ou démolition

La semaine dernière, sur France Culture, une série d’émissions consacrée au philosophe Jacques Derrida m’a fait réfléchir au sujet de la « déconstruction ».

Certes, les intellectuels s’attachent depuis longtemps à « déconstruire » les vérités traditionnelles, les croyances, les religions. Force est de constater que leur travail a fini par aboutir à une société où les idées dominantes sont issues de cette déconstruction. Face à cela, que faire ? On aurait tort d’accepter les nouvelles valeurs comme des vérités révélées. C’est d’ailleurs impossible à tout esprit un tant soit peu rationnel. La solution s’impose donc : il faut pratiquer la « déconstruction » des nouveaux mythes : la république, l’égalité, le racisme, l’antiracisme, le féminisme, le gender, la haine etc. Ce n’est pas très compliqué. Il suffit de ne pas accepter d’être enfermé dans les catégories que l’on veut nous imposer. Il suffit de questionner et argumenter. Il suffit d’oser !

La déconstruction peut prendre de multiples formes. France Culture reconnaît que Jacques Derrida n’est pas facile à lire alors on n’est pas obligé de singer le philosophe abscons. Je pense que la déconstruction n’est pas une école bien particulière mais une manière de penser. Socrate faisait déjà de la déconstruction. Louis-Ferdinand Céline, à sa manière, a « déconstruit » le mythe de la Première guerre mondiale dans son Voyage au bout de la nuit. Il a utilisé la forme du récit romancé, personnel et subjectif. Il l’a fait avec une force telle que l’on peut parler de « démolition ».

Antigone d’Arthur Honegger

Voici un opéra extrêmement rare qui n’est plus joué de nos jours. Les enregistrements sont peu nombreux et ne sont pas réédités : il est donc difficile de le trouver en CD, même d’occasion. Pourtant c’est une œuvre majeure d’Arthur Honegger. Il s’agit d’un bel exemple de musique atonale. L’opéra est court, 45 minutes. Le rythme est rapide, sans temps mort : on ne s’ennuie pas. La musique souligne bien la colère des personnages – et il y a beaucoup de colère dans cet opéra… Le texte de Jean Cocteau est en français, ce qui nous permet de suivre l’histoire sans avoir besoin du livret. Alors pourquoi cet opéra n’est-il plus représenté ? Peut-être simplement parce qu’il s’agit de la version classique d’Antigone, manichéenne, où Créon est un chef d’état autoritaire et rien d’autre. Jean Anouilh, en réinterprétant le mythe, a définitivement ringardisé cette version. C’est dommage car l’opéra de Honegger mérite d’être écouté.